La crise du logement annoncée dès 2018 avec l’introduction de la RLS et renforcée par les effets de la crise économique de ces dernières années est particulièrement visible dans les dernières données d’HSO en matière de demandes et d’attributions en Occitanie.
La demande locative sociale en région a pratiquement doublé en 10 ans, avec une accélération forte ces 5 dernières années. Entre 2019 et 2024, ce sont plus de 56 000 nouvelles demandes qui ont été déposées (+38 %), pour dépasser aujourd’hui le seuil de 205 000 demandes actives au 31 décembre 2024. La part des demandes des locataires du parc social en recherche de mutation diminue par l’effet de l’arrivée de nouveaux ménages se tournant vers le logement social pour faire face à la crise. Par exemple, la part des demandeurs issus du parc privé gagne pratiquement 1 point en un an.
Évolution de la demande locative sociale en Occitanie 2013-2024
(source : HSO, Infocentre SNE, mars 2025)
L’inadaptation du logement actuel reste le principal motif de demande d’un logement social (environ 42 % à l’échelle régionale). Les faibles ressources des demandeurs expliquent la recherche d’une solution de logement plus abordable : en Occitanie près de trois quarts des demandeurs de logement sont éligibles aux PLAI, c’est-à-dire aux logements présentant les seuils de ressources les plus bas.
Le ralentissement de la production de logement de ces dernières années, couplé à l’effondrement de la rotation au sein du parc social (le nombre de logements libérés) expliquent la baisse des attributions observée. Cette année, les bailleurs sociaux ont attribué 30 766 logements, soit moins qu’il y a 10 ans. À partir de 2018, les attributions ont progressivement reculé (-12 % sur la période), pour atteindre aujourd’hui des niveaux proches de ceux observés pendant la pandémie de 2020.
Évolution des attributions de logements sociaux en Occitanie 2013-2024
(source : HSO, Infocentre SNE, mars 2024)
Cet écart entre les besoins et les logements disponibles renforce la pression sur le parc social. En 2024, elle est estimée à 6,7 demandes pour une attribution (+0,4 point en un an) et concerne tous les territoires, y compris ceux qui semblaient jusque-là épargnés par le phénomène : la pression de la demande en Lozère progresse de 0,6 point ; dans le Lot, elle augmente de 1,8 points. Sur le pourtour méditerranéen, où la pression était déjà élevée ces dernières années, elle est aujourd’hui comparable à celle observée en région parisienne. Dans l’Hérault, seul 1 demandeur sur 10 a pu accéder à un logement social en 2024.
Cette pression considérable à des effets : les délais d’attente pour accéder à un logement social augmentent, prolongeant d’autant les situations de mal logement. En raison de la pénurie de logements disponibles, les demandeurs sont mis en concurrence, y compris au sein des publics prioritaires. Les recours au titre du droit au logement opposable augmentent (+20 %). Les bailleurs sociaux restent néanmoins fortement mobilisés pour répondre à ces situations urgentes et prioritaires : les niveaux d’attributions à ces ménages se sont maintenus dans un contexte de recul des attributions. Mais il est à craindre que cet effort se soit fait au détriment d’autres ménages, parfois également en difficultés. Par exemple, les attributions aux ménages sortant de structures d’hébergement sont en recul cette année et pour la première fois en Haute-Garonne.