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En Occitanie, l'accès au logement social des personnes hébergées ou sans abri sous forte tension

 

Au 31 décembre 2025, l'Occitanie comptait 20 411 demandes actives de logement social émanant de ménages hébergés, en structure, à l'hôtel, en logement temporaire ou en appartement de coordination thérapeutique, ou dépourvus de logement. Ces demandes représentent 9 % du volume régional total, tous publics confondus, et connaissent une progression marquée : + 8 % entre 2024 et 2025, + 50 % sur les cinq dernières années.


Une demande présente sur tout le territoire, pas seulement dans les zones tendues

Si la Haute-Garonne et l'Hérault concentrent logiquement l'essentiel de cette demande, du fait de leur poids dans la demande locative sociale globale, l'enjeu dépasse largement les seuls territoires tendus. Dans le Lot par exemple, les demandes de personnes sortant d'hébergement représentent plus de 11 % de la demande totale du département, bien plus que la moyenne régionale (9 %). Preuve que l'accès au logement social des ménages hébergés ou sans abri est un sujet transversal auquel tous les départements d’Occitanie sont confrontés.


Un public jeune, précaire et prioritaire


Le profil des demandeurs concernés est spécifique : 70 % sont des personnes seules, près de 60 % ont moins de 40 ans et un tiers a moins de 30 ans. 80 % sont éligibles au PLAI. Depuis la loi relative à l'égalité et à la citoyenneté du 27 janvier 2017, ces ménages bénéficient d'une priorité d'accès au parc social. Certains cumulent plusieurs critères de priorité : 2 244 demandes concernent ainsi des personnes nécessitant un logement adapté ou accessible en raison d'une situation de handicap, potentiellement éligibles au critère A du Code de la construction et de l'habitation.

La tension du marché conduit aussi de plus en plus de ménages à recourir au droit au logement opposable : en 2025, 264 demandes actives de personnes hébergées ou dépourvues de logement bénéficiaient d'un avis favorable Dalo, soit une demande Dalo sur quatre, une part en constante augmentation.


Des attributions qui peinent à retrouver leur niveau d'avant crise


En 2025, les organismes de logement social ont permis le relogement de 4 007 ménages sortant d'hébergement ou dépourvus de logement, avec un délai d'attente moyen de 13 mois. La pression sur cette demande spécifique s'élève à 5 demandes pour une attribution, contre 7,1 tous publics confondus, preuve que la priorisation fonctionne, mais reste insuffisante face à la pénurie. Après une hausse continue des attributions entre 2015 et 2019 (plus de 1 000 attributions supplémentaires en cinq ans), la crise sanitaire de 2020 a provoqué un coup d'arrêt brutal (-13 % en un an) dont le secteur ne s'est toujours pas remis : les niveaux de 2019 (4 362 attributions) restent hors de portée.


Un secteur de l'hébergement sous tension


En amont, la chaîne du logement est elle-même grippée. D'après les données présentées au CRHH d'Occitanie en avril 2026, 33 000 personnes auraient sollicité le 115 en 2025, un chiffre probablement sous-estimé compte tenu du non-recours au droit. Face à ces besoins, la région dispose de 11 682 places d'hébergement en moyenne annuelle, dont un quart repose sur des nuitées hôtelières. La saturation des dispositifs d'accueil, hébergement et insertion (AHI) laisse un nombre croissant de personnes sans solution ou avec des solutions indignes, aux conséquences physiques et psychiques réelles.


Les positions de la Profession


Face à la raréfaction de l'offre, HSO et les organismes Hlm portent des propositions concrètes : relancer la production de logement, adopter une approche globale des équilibres de peuplement, pérennisation des budgets alloués à l’accompagnement social (dont FNAVDL, par exemple), participation des OLS aux comités stratégiques des SIAO afin de partager leur expertise sur les trajectoires d'accès au parc social, etc.


L’intégralité du bilan est disponible ci-dessous.

 

 

 


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